La communication constante d'aujourd'hui me rend la vie stressante

La communication constante d'aujourd'hui me rend la vie stressante.
 

2014/02 : Vivre connecté à son réseau

Maarten van LeeuwenLe vendredi 25 Octobre 1989, je rentrais à la maison après une longue journée de travail au bureau. A l’époque j'étais cadre supérieur chez American Express. J’avais une voiture de fonction - une Citroën BX diesel.

Le vendredi 26 Juillet 2013, je rentrais également à la maison, toujours après une longue journée de travail au bureau.

Qu’est-ce qui était différent ?

Eh bien, j'ai une bien meilleure voiture, et - sans doute - un bien meilleur travail aujourd'hui. J'étais beaucoup plus jeune à l’époque. Mais aucun de ces changements n'est aussi important que le changement de paradigme dans les outils de communication mobile, et l'impact que cela a sur notre vie quotidienne. Nous considérons ces changements comme acquis.

En 1989, American Express était (et l’est toujours, je pense) une société de pointe, à qui les outils technologiques disponibles sur le marché n’ont jamais fait défaut. Cependant, il n'y AVAIT pas de téléphone mobile, il n'y avait pas d’e-mail et il n'y avait pas Internet. Il n'y avait pas d’ordinateurs portables. Nous avions un ordinateur « portable » dans la société qui avait la taille d'une solide machine à coudre, et qui n'avait pas de batterie. Nous avions un système de messagerie interne mondial (je veux dire le papier, « e-scargot » mail), et nous recevions chaque jour une série d'enveloppes venant du siège et qu’il fallait traiter. De même, je devais faire partir tous les jours un certain nombre de courriers, stressant à chaque fois qu’ils soient prêts avant que le facteur ne passe. Pour les choses urgentes, nous avions un télex. Quand je demande à mes collègues les plus jeunes s'ils savent ce qu'est un télex, la plupart d'entre eux n’en a aucune idée. Et quand je leur décris le dispositif, ils me regardent avec étonnement.

En 1989, quand j'étais dans ma voiture, j'étais « déconnecté du réseau » et il n'y avait aucun moyen d'entrer en contact avec moi, quelle qu’en soit la raison. Je POUVAIS bien sûr entrer en contact avec les autres SI je m’arrêtais à une station service ET SI il y avait une cabine téléphonique, et si j'avais de la monnaie sur moi ou que quelqu’un puisse m’en faire. D’ailleurs, je ne savais pas à l'époque que cette absence de communication, et le fait de savoir que personne ne pouvais me contacter, me donnait l’impression du « week-end », sentiment qui n’existe tout simplement plus aujourd’hui. Parce que quand je rentrais, bien sûr j’avais un téléphone à la maison, et bien sûr mon entreprise avait mon numéro, mais ils ne voulais m'appeler qu’en cas de véritable catastrophe, ce qui heureusement ne s'est jamais produit. Par conséquent, pendant tout le week-end, j'étais parfaitement à l'aise. Et comme il n'y avait pas de portables, je pouvais amener quelques dossiers à la maison. Mon travail était tel, que j'avais absolument besoin de l’accès à l'ordinateur central, et que si j'étais débordé, je me rendais au bureau le samedi. Ce que j’ai souvent fait comme beaucoup de mes collègues. Je crois que nous travaillions plus d’heures à l’époque qu’aujourd’hui, mais lorsque nous n’étions pas au bureau, nous ne pouvions pas travailler. Cela a fondamentalement changé : le téléphone mobile peut sonner et un SMS peut arriver à n'importe quel moment, et je peux consulter mes e-mails quand je le souhaite, et sur plusieurs appareils. C'est ce que je fais, et je pense pas être le seul.

Le résultat est que le travail n'est jamais très éloigné, et que ce sentiment de « week-end » a complètement disparu. Cela peut subrepticement s’ajouter à un facteur de stress qui n'est vraisemblablement pas nécessaire. Soyons réalistes, je ne reçois que rarement des mails qui nécessitent une réaction dans la minute…

En disant cela je ne veux pas dire que ces outils sont mauvais. Je crois qu'ils sont parfaits et je me demande maintenant comment nous gérions les choses simples comme un rendez-vous sans téléphone mobile. Que faisions-nous quand quelqu'un était coincé dans un embouteillage et serait donc en retard ? L’attendions-nous ? Je ne m’en souviens tout simplement pas.

C’est ça le plus drôle : Nous nous en souvenons tout simplement pas. L'être humain s'adapte à la vitesse de l'éclair aux nouvelles conditions.

Il y a une chose de sûre : nous communiquons sacrément plus aujourd'hui que nous le faisions il y a 30 ans. Est-ce-que nous communiquons mieux ? C’est une autre question.

Maarten van Leeuwen
Directeur Général du Groupe

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